Entretien et restauration

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25 / 02 / 2017

La  Peugeot 304

Copyright François Allain

Le succès remporté par la 204 et le lancement de la 504 à l'automne 1968, firent prendre conscience très tôt, au sein de la direction générale, que la 404 allait sans doute prendre un sérieux coup de vieux, dès le début des années soixante-dix. L'idée de créer un nouveau modèle à moindre coût fit rapidement son petit bonhomme de chemin. La 204 se révélant une excellente base technique, il fut décidé de faire un modèle "304" sur la base de cette dernière, qui viendrait judicieusement s'intercaler entre la 204 et la 404. Le bureau d'études plancha dès 1967 sur différents restylings, puis dès 1968 sur un véritable projet de nouvelle voiture la "D 18". L'idée était simple : conserver la coque et l'habitacle de la 204 et restyler l'avant et l'arrière pour donner un nouveau modèle. Un peu comme Renault l'avait fait en créant la R 10 sur la base de la R 8. Un moteur réalésé à 1 288 cm3, 76 x 71 mm, 7 chevaux fiscaux (qui développe 65 ch DIN et permet d'atteindre 150 km/h), un nouveau tableau de bord avec un bandeau en faux bois, comme c'est la grande mode à l'époque, et une face avant rappelant fortement la 504, flatteraient les acheteurs potentiels. Cette "504 du pauvre", comme la surnommeront méchamment ses détracteurs, sera présentée au Salon de Paris de 1969, comme une véritable nouveauté, remportant un beau succès grâce à cette nouvelle calandre flatteuse qui tranchait nettement avec celle de la 204. Sa production sera assurée dans la nouvelle usine Peugeot de Mulhouse à partir de 1971.

Il s'agit ni plus ni moins d'une 204 restylisée au goût du jour. Cette version "seventies" conserve en fait la structure exacte de la 204, les portes, les sièges, les roues, les suspensions, la direction, le pare-brise (qui sont les mêmes), les fixations de tableaux de bord (les deux versions peuvent s'inverser), et la motorisation (strictement identique mise à part la cylindrée). Cette nouvelle berline sera construite jusqu'en 1979 à près de 850 000 exemplaires. La différence de longueur avec la 204 (4,14 m au lieu de 3,99 m) vient du fait que le coffre a été allongé par rapport à la précédente. Ce manque de place pour les bagages de quatre à cinq personnes était d'ailleurs l'une des principales critiques que la 204 subissait régulièrement depuis son lancement, quatre ans auparavant. La longueur de la 304 est exactement la même, au centimètre près, qu'une 306 d'aujourd'hui. Sa conception dans les bureaux d'études aura été beaucoup moins euphorique que celle de sa grande sour la 204, il faut l'avouer. Car restyler une voiture et la faire passer pour un nouveau modèle n'a jamais été stimulant pour des créatifs. Une partie de l'équipe de Paul Bouvot aurait préféré avoir plus de temps, et créer réellement une nouvelle voiture. Mais impératifs économiques et marketing ne riment pas toujours avec liberté créatrice. Toujours est-il que la 304, à défaut d'être une véritable nouveauté bâtie de toutes pièces, n'en sera pas moins un succès commercial certain pour les automobiles Peugeot, et que la production cumulée 204 + 304 frisera les trois millions d'exemplaires ; ce qui est tout à fait remarquable dans les années soixante-dix pour le marché visé. Entre 1967 et 1973, les 204/304 représenteront à elles seules 10 % du marché français, avec une pointe à 15 % en 1970. Cette même année la production des 204/304 dépasse celle des 404/504. La 304 se verra, elle aussi, proposée en diverses versions. Le coupé et le cabriolet 304 sont présentés au Salon de Genève du printemps 1970 (avec la même motorisation que la berline, ils roulent à 152 km/h), et remplacent les 204 dans les mêmes versions. Ces derniers possédaient d'ailleurs le tableau de bord type "304" depuis le mois d'août 1969.

Conservant la même caisse, ces véhicules sont très proches pour ne pas dire similaires, mis à part la face avant, les feux arrière et l'alésage du moteur. Tout le reste est identique jusqu'au carburateur qui reste le même malgré le changement de cylindrée ! Le coupé sera produit à un peu plus de 60 000 exemplaires et le cabriolet à un peu moins de 19 000 jusqu'en juillet 1975, date de leur disparition du catalogue. Ce qui creusera un sérieux trou en attendant la sortie du cabriolet 306 en avril 1994 (les puristes n'ont jamais considéré la 205 décapotable comme un vrai cabriolet).